Peindre la paix : retrouver son centre quand la vie devient lourde
- Suzanne Charlebois
- 8 mai
- 2 min de lecture
Il y a des jours où la vie semble dure. Où la tristesse s’installe, ou les émotions deviennent si emmêlées qu’avancer paraît impossible. Ces jours-là, la paix ne vient pas de penser plus fort — elle vient du ralentissement et du retour, en douceur, vers son centre.
Pour beaucoup d’entre nous, ce retour commence dans la nature. Il y a quelque chose de presque miraculeux à poser ses pieds nus dans un ruisseau froid — le choc vif, la clarté soudaine. L’odeur du pin et de la terre humide. Le bruit des oiseaux qui se déplacent parmi les arbres. Dans ces instants, les sens nous ancrent de nouveau dans l’instant présent, et la paix peut silencieusement retrouver son chemin jusqu’à nous.
Mais la nature n’est pas toujours à proximité. Parfois, la vie nous retient en ville, où le bruit et la précipitation encombrent le cœur. C’est alors qu’une galerie d’art devient mon second sanctuaire.
En entrant dans l’Exposition du Solstice de la Galerie d’art Émergence, on ne peut s’empêcher d’être attiré. Séduit par les fleurs, les couleurs vives et les paysages qui ressemblent à de profondes respirations ininterrompues. Devant une peinture, l’esprit commence à vagabonder : qu’a ressenti l’artiste en la créant ? A-t-elle été peinte à partir d’un souvenir vivace ? Ou jouait-il simplement avec la peinture, laissant la couleur le mener vers un ailleurs inconnu ?
De mon propre point de vue d’artiste, cette question m’est profondément familière. Nombre de mes tableaux commencent par un sentiment que les mots ne peuvent tout à fait atteindre. Les photos de référence peuvent aider, mais elles ne sont qu’un point de départ. Ce que mon pinceau cherche véritablement — à chaque fois — c’est la paix. Ce moment rare où le temps s’est arrêté. Où, pendant un battement de cœur, tout semblait juste dans le monde.
Aujourd’hui, assise dans la galerie, trois tableaux aux murs m’offrent ce même calme silencieux.
Vivacité d’un doux printemps par Lise Drouin – énergie douce, lumière qui s’éveille. Un rappel qu’après les saisons les plus froides, quelque chose de tendre fleurit encore.
Fragilité par Alexi Dauphi – délicat, honnête, sans défense. Un rappel que la paix n’a pas besoin d’être forte. Elle peut aussi être fragile. Et c’est encore la paix.
Mont Orford par Rene Guillemette – ancré, stable, intemporel. Comme regarder le souvenir d’une montagne que l’on n’a jamais grimpée mais que l’on connaît pourtant.
Que ce soit le choc d’un ruisseau glacé ou l’appel silencieux d’un paysage peint, la paix nous trouve lorsque nous cessons de la poursuivre. Quand nous restons simplement immobiles — les pieds sur la terre, les yeux sur quelque chose de beau — et laissons le monde s’apaiser autour de nous.
Alors si la vie vous semble lourde aujourd’hui, venez vous asseoir avec nous. Laissez les couleurs vous porter. Aucun mot n’est nécessaire.
— Suzanne, de la Galerie d’art Émergence






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